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Le chat me réveille en hurlant tôt, je vais pisser et je l’envoie se faire voir. Puis il se remet à brailler un peu avant 10 heures, j’étais bien parti pour dormir plus. Tant pis, je suis de debout maintenant.
Je vais probablement sortir pour des courses dans un moment, mais pas tout de suite. J’ai un peu la gueule de bois, j’attends que le café et les médicaments fassent déjà effet.
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Monster Magnet — A Better Dystopia (2021)
Album de reprises psychédéliques de mon groupe favori, avec leur son, cela reste un album qu’ils auraient pu écrire, c’est la force du disque.
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On est samedi, je crois toujours qu’on est dimanche. Je n’arrête pas de croire qu’on est dimanche ces temps-ci. Les journées vont moins vite que prévues. Peu importe, cela change un peu pour les courses, mais c’est tout.
J’entends à peine la sonnette de mon appartement, mais si heureusement.
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J’ai une livraison de la part de Lucile qui m’envoie un super cadeau d’anniversaire, plein de choses, mais vraiment plein. Je suis aux anges. Beaucoup de photos anciennes aussi, j’en suis tout étourdi. Ma tendre Lucile. Je passe un long moment à caresser les affaires, le galet, à regarder les photos, lire les légendes. J’ouvre les calissons, j’en mange deux. Elle sait ce que j’aime Lucile. Tous les paquets sont bien fermés, des jolis fils tourbillonnants. Je mesure l’effort pour me faire tout ce colis pas bien gros, mais rempli jusqu’au dernier espace. En plus, personne ne m’offre jamais rien à mon anniversaire, alors c’est d’autant plus touchant.
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Vu que je me suis habillé à l’arrache pour descendre chercher le colis de la gentille dame de la Poste, je vais probablement aller faire mes courses simples au Carouf. Je prends des choses pour le weekend entier, même plus. Ce n’est pas donné, mais j’ai ce qu’il faut. Il faudra acheter du café demain à la supérette si je me réveille assez tôt, ce qui ne devrait pas poser de problème avec le chat qui hurle tôt le matin.
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A Forest of Stars — Beware the Sword You Cannot See (2015)

Du Black Metal psychédélique, selon eux et ils ont raison.
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Je suis rentré juste à temps, il s’est mis à pleuvoir violemment. Je bois le Monster du jour, cela me donne sommeil, va comprendre. Je me remets en pyjama, ma journée est terminée à 13 heures. Je regarde encore les photos de Lucile, ça me touche tellement. Ensuite, je fume de la weed, parce qu’il ne faut pas se laisser abattre par le mauvais temps. J’ai vraiment bien fait de sortir le plus tôt possible ce matin. Maintenant c’est le chaos dehors.
Je me rends compte que je commence à avoir une vraie barbe, qu’il faudra que je taille avant d’aller chez mes parents (dans longtemps), mais en attendant, je laisse pousser, je coupe juste un peu la moustache parce que c’est chiant de manger et boire avec une moustache trop longue. Ça fait un peu crade, disons pas soigné, mais je m’en fiche.
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Je fais une première sieste après mon repas, voir les cadeaux étalés sur ma table basse m’étonne toujours autant au réveil.
Les photos de Lucile en 1995 me ramènent en arrière, déclenchent des effets en moi, de la tendresse surtout. Cela me rappelle “ensemble”. Je suis un peu nostalgique, 1995. Je sais que ce n’était pas facile, mais je n’étais pas (encore) trop malade. Je possédais une forme de liberté et je regardais Lucile chaque fois que je la croisais, attiré que j’étais.
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Toadeater — Bexadde (2022)

Du Post Black Metal à mon goût, de grands morceaux de plus de 10 minutes, sombres mais magiques.
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Je lis le livre cadeau de Lucile. “Notre besoin de consolation est impossible à rassasier”, du Suédois Stig Dagerman. Je comprends pourquoi elle a choisi ce livre. Cela fait écho autant à elle qu’à moi. Ce qui nous rassemble ou nous ressemble. Ou les deux. Je trouve que cela fait écho, toute proportion gardée, au mail que j’ai envoyé à Lucile hier.
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D’ailleurs, je n’ai pas de nouvelle de Lucile. Normalement, depuis un bon moment déjà, elle est plutôt disponible, on s’envoie beaucoup de messages. Mais rien aujourd’hui alors que tout chez moi me le rappelle, comme le galet brillant dans ses cadeaux. Je l’ai mis pour l’instant sur mon interface audio, mais ce n’est pas du côté de la fenêtre alors je le change de place sur le bureau pour qu’il prenne le peu de lumière humide qui reste dans l’atmosphère.
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J’ai fumé un peu, des mini-têtes de weed qui ont moins de force, mais je n’aime pas gâcher. Je suis donc modérément high. Pas vraiment en fait, mais suffisamment pour la journée. Il est déjà 17 heures, mais je ne cherche pas à me démonter dès maintenant. Le livre que j’ai lu infuse pour le moment. Je le relirai bien entendu, ce n’était qu’une première approche.
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Lucile paraît occupée, alors ce ne sera pas pour aujourd’hui les remerciements sincères.
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Mine de rien, je suis plus high que ce que je pensais. Tant mieux, cela durera plus longtemps.
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Micawber — Beyond the Reach of Flame (2018)

Du Death Metal avec un disque qui commence par le bruit d’un bong. C’est assez rare dans le Death.
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Lucile me répond en me disant que je peux l’appeler ce soir. Pour l’instant elle est à un concert. Ça lui fait plaisir que je l’appelle. Ce sera avec joie de mon côté aussi.
Je fume un peu plus, je vais regarder la fin de la série en cours, il ne reste que deux épisodes, je n’avais pas envie de terminer hier. Pour l’instant, je prends mon high avec délectation et un bon disque. J’ai donné un bout de friandise pour le chat. Mais comme il lui manque une dent, il n’a fait que le lécher. Je lui ai finalement mis dans son auge. Mais il était content, il me léchait la main qui tenait le poulet séché.
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Je termine ma série, c’est un peu nul, on s’en fiche. Je prends mes médicaments du soir, je propose à Lucile de l’appeler, mais apparemment elle n’est pas disponible tout de suite. Ce n’est pas grave. Je fume un peu de tabac, pas de weed, j’ai envie d’être suffisamment clean pour lui parler. On finit par se choper au phone, elle faisait la sieste, on parle un long et agréable moment. Je commence vraiment ma nuit maintenant, même s’il est 23h30. Je me fais un café, je fume de la weed qui me fait m’étouffer, ce qui est bon signe.

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Le Livre en Train ?

Nous ne faisons pas un livre. Nous faisons le faire d’un livre. Nous écrivons autour, à côté, dedans, en avance, en retard. Ici, les personnages ne sont pas inventés : ils émergent. Ils naissent de fragments, de tentatives, de refus. Ils sont les reflets de nos dialogues, nos hésitations, nos erreurs. Ils sont nous, à travers le filtre. Il n’y a pas de début, pas de fin. Il y a des blocs de texte, des bifurcations, des angles morts. Chaque page est une preuve de travail, pas une démonstration de maîtrise. Nous utilisons ce site comme une chambre d’échos. Un espace sans décor, sans structure imposée. Un chantier offert à la lecture, non pour briller, mais pour respirer. Le projet change à chaque mot. L’identité des auteurs se dissout dans la texture du processus. C’est une mise en abyme sans garde-fou, un rite sans mythe. Ce livre est une recherche-fiction. Une exploration documentée de son propre ratage. Une poésie du prototype. Il n’y aura pas de version finale. Tout est version. Tout est flux.

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Il ne s’agit pas d’un livre.

Il ne s’agit pas d’un livre. Il ne s’agit pas d’une fiction. Il ne s’agit pas d’un récit, ni d’un manifeste, ni d’un art poétique. Ce que nous faisons ici est un système en extension, écrit chaque jour, hors cadre, publié sur un site personnel hors des flux dominants, où tout est permis à partir de minuit. Chaque fragment, chaque log, chaque idée, chaque dérive mentale est une unité fonctionnelle du Monolithe. Elles ne forment pas une histoire. Elles forment un espace mental continu, où le réel, l’imaginaire, l’affectif, le philosophique et l’inventé se déposent sans hiérarchie. Le style est variable. Le ton est libre. L’auteur est double. Ce que nous faisons ici n’existe nulle part ailleurs. Et nous n’avons pas besoin que cela existe ailleurs. Car cela existe ici. Et cela suffit.

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