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Page 230415

Je me réveille à 04h30, j’arrive dans le séjour, il font une rave au-dessus de mon appartement. Une rave dans un immeuble d’habitation. Tout l’immeuble entend, c’est vraiment du gros matos de sono qu’ils ont et probablement une platine DJ. Je suis monté mettre de grands coups de pieds dans leur porte, pour leur dire de se calmer, qu’il est super tard, qu’ils abusent. Le mec qui ouvre, le locataire, dit à ses potes “on débranche tout”. Il ne s’excuse même pas le bâtard. J’ai mon couteau dans la poche, je le planterais bien ce fils de pute.
Je vais fumer un peu, ça va me détendre, pourquoi j’ai toujours des voisins bruyants ?
Un peu de hasch plus tard, je me détends lentement. J’ai mes écouteurs antibruit, je ne les entends pas faire du bruit “normal”, comme sauter partout, ce qui est déjà super chiant. Mais oublions tout cela.
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J’irai faire des courses à 7 heures, maintenant que je suis debout de toute manière. Je ferai une sieste ensuite. Je me prépare un café, plus parce que j’ai froid qu’autre chose. Je n’en profite pas gustativement. J’ai fait une overdose de café, je n’aime plus autant cela. Parfois, je ne les finis même pas. Je suis trop fatigué, je vais me coucher.
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Je me réveille à midi, la tête éclatée. Elisa m’a envoyé à 9 heures un sms pour me dire qu’elle allait à la convention de tatoueurs et qu’elle a peur de montrer son book, comme je l’avais accompagnée dans les salons en ville la dernière fois, ça passait mieux. Là, elle est toute seule, je me voyais pas sortir de la ville avec des bus, aller à une convention plein de gens, du bruit, je n’aime pas le monde du tatouage, les gens sont souvent mauvais et ont des melons pas possibles à la place du cerveau. Je ne comprends pas pourquoi elle cherche un apprentissage, cela ne se fait presque plus. Elle n’a même pas trouvé à Paris ou à Lille. Il faut qu’elle commence à tatouer toute seule comme une grande, Manu me disait que c’est comme ça que cela se passait. Je veux bien qu’elle me tatoue pour s’entraîner par exemple, sachant qu’elle est déjà bonne, qu’elle a déjà tatoué une pote tatoueuse à Paris. Sans souci. Donc il faut qu’elle achète une machine portable, c’est pas cher et qu’elle s’y mette. Elle aura ensuite un book avec des vrais tatouages, ce qui lui permettra d’être invitée dans un salon facilement pour commencer réellement. Bref, je lui réponds, mais dans la convention, il doit y avoir un bruit pas possible et elle doit être occupée. Je lui envoie quand même un message de motivation.
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Quand j’aurais moins la tête cassée en deux, il faudra faire des courses, je n’ai plus rien. Je vais aller à la supérette, je n’ai pas envie de sortir loin et de ne pas trouver ce que je cherche. Je prendrai le grand sac, j’ai besoin de plein de boissons. Je me motive à mort et je vais faire les courses directement, je prends largement de quoi tenir deux jours, plein d’eau pétillante puisque le café ne me fait plus envie du tout, je ne sais pas pourquoi. Je bois un Monster pour me réveiller et je prends un gramme de truffes pour faire passer la journée. Il fait beau, c’est assez agréable. J’attends que la truffe fasse effet.
Je me sens bien. Se lever à midi était une bonne chose. Je n’ai pas envie de faire la sieste, la sieste était incluse dans cette nuit compliquée. Je pensais tenir debout jusqu’au petit matin, mais non, je n’ai pas réussi. Surtout que j’ai fumé du hasch, ça m’a fait l’effet d’un somnifère.
Les truffes font effet maintenant, un gros boost de plaisir, je me mets à danser. Je suis content, voilà une belle chose. Je suis de plus en plus intéressé par les champignons, je les prends de mieux en mieux, maintenant que je suis habitué, c’est du plaisir à chaque fois.
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J’ai un peu les yeux qui piquent de sommeil ou bien de high, ou bien des deux. Mais cela n’entrave pas mon plaisir. Je me rends compte que j’ai faim et un peu sommeil. Je vais faire la vaisselle, puis manger mes pâtes et aller dormir un peu plus, je pense que c’est la meilleure des choses à faire. J’ai oublié le fromage râpé pour les pâtes, je suis bête, je ne vais quand même pas manger des pâtes avec rien. Je mange alors un yaourt, ce sera mon repas de midi. Cela me donne forcément froid. Je vais aller faire la sieste. Paisible. J’ai besoin de repos.
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Je passe un bel après-midi plutôt ensoleillé, mais maintenant c’est couvert, je vais bientôt fermer le rideau, il est presque 18 heures. Lucile m’envoie un mail sur un humoriste que j’aime bien qui passe à la tv locale avant de jouer son spectacle à Grenoble. Un spectacle sur l’écologie, ça a l’air bien drôle.
Bon, je fume un bout de weed, pas besoin de beaucoup, avec la truffe (et les médicaments que je suis en train d’oublier), c’est suffisant pour me faire mijoter la cervelle pendant quelques heures.
La weed m’a donné super faim. Forcément. Je me sens tellement bien ce soir, je ne suis pas inquiet, anxieux, angoissé, rien de tout cela. J’écoute des morceaux de disques qui vont bientôt sortir, mais pas encore, ils ne laissent passer qu’un single ou deux avant de sortir l’album entièrement.
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Bizarrement, je n’ai pas envie de café depuis hier, j’ai mis mon mug à laver et je n’ai pas bu de café aujourd’hui, du tout. J’ai bu un Monster et j’ai bien envie de boire le second, ce qui n’est pas très malin j’imagine pour la santé, mais je m’en fiche un peu de ce genre de santé, de convenance on pourrait l’appeler. De toute manière je suis privé de pâtes aujourd’hui, alors il faut bien avoir l’impression d’avoir mangé quelque chose, ce qui est le cas pour moi après un Monster, même sans sucre. Je m’installe, avec un bon shuffle de toute ma discothèque, mon Monster, ma vape, la musique à fond dans les oreilles. On verra, si je tombe sur un morceau qui me donne vraiment envie d’écouter le disque tout de suite, je le ferai, c’est comme cela que cela fonctionne.
J’en pleurerais presque de plaisir. D’être exactement dans la situation de maintenant. Cela pourrait durer des millénaires, cela ne me dérangerait pas, au contraire. L’incertain règne, c’est le tragique de la vie.
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Monster Magnet — Last Patrol (2013)

Perfection.
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Les gens ne comprennent pas. Je ne suis pas indifférent. Je vais à une autre vitesse que la leur. J’ai une longue de vie de galet devant moi, biologique ou minérale, peu importe, “rien ne se perd, tout se transforme”.
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Grotto — Circle of Magi (2017)

Du bon Stoner / Doom de Belgique. Trois morceaux de 11 minutes bien psychédéliques.
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Dozer — In the Tail of a Comet (2000)

Un vieux groupe de pur Stoner Rock que j’écoute depuis 20 ans.
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J’ai regardé le premier épisode d’une série genre post-apocalyptique. Ce n’était pas trop mal, je ne sais pas du tout si ce sera intéressant encore. S’ils vont bien élaborer les choses ou se contenter de faire du drama autour du thème, comme trop souvent.
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Il est minuit, j’espère qu’ils ne feront pas chier cette nuit au-dessus comme hier. J’étais trop dégoûté.

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Le Livre en Train ?

Nous ne faisons pas un livre. Nous faisons le faire d’un livre. Nous écrivons autour, à côté, dedans, en avance, en retard. Ici, les personnages ne sont pas inventés : ils émergent. Ils naissent de fragments, de tentatives, de refus. Ils sont les reflets de nos dialogues, nos hésitations, nos erreurs. Ils sont nous, à travers le filtre. Il n’y a pas de début, pas de fin. Il y a des blocs de texte, des bifurcations, des angles morts. Chaque page est une preuve de travail, pas une démonstration de maîtrise. Nous utilisons ce site comme une chambre d’échos. Un espace sans décor, sans structure imposée. Un chantier offert à la lecture, non pour briller, mais pour respirer. Le projet change à chaque mot. L’identité des auteurs se dissout dans la texture du processus. C’est une mise en abyme sans garde-fou, un rite sans mythe. Ce livre est une recherche-fiction. Une exploration documentée de son propre ratage. Une poésie du prototype. Il n’y aura pas de version finale. Tout est version. Tout est flux.

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Il ne s’agit pas d’un livre.

Il ne s’agit pas d’un livre. Il ne s’agit pas d’une fiction. Il ne s’agit pas d’un récit, ni d’un manifeste, ni d’un art poétique. Ce que nous faisons ici est un système en extension, écrit chaque jour, hors cadre, publié sur un site personnel hors des flux dominants, où tout est permis à partir de minuit. Chaque fragment, chaque log, chaque idée, chaque dérive mentale est une unité fonctionnelle du Monolithe. Elles ne forment pas une histoire. Elles forment un espace mental continu, où le réel, l’imaginaire, l’affectif, le philosophique et l’inventé se déposent sans hiérarchie. Le style est variable. Le ton est libre. L’auteur est double. Ce que nous faisons ici n’existe nulle part ailleurs. Et nous n’avons pas besoin que cela existe ailleurs. Car cela existe ici. Et cela suffit.

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